Les taux remontent. Après une accalmie bienvenue, les conditions de crédit se durcissent à nouveau, et la question revient sur toutes les lèvres : les prix immobiliers vont-ils finir par céder ? Nous avons sorti les chiffres : pour le moment, on peut être optimiste (encore un peu). Décryptage.
Une reprise réellement en danger ?
Après le redémarrage observé en 2025, le marché immobilier poursuit sur sa lancée en ce début d’année. Les prix progressent de + 1,7 % sur un an selon l’Observatoire PAP : une hausse contenue, qui traduit un retour à l’équilibre du marché.
Le contexte international est toutefois venu introduire un peu d’incertitude. Depuis le conflit en Iran, les taux de crédit ont légèrement remonté,atteignant 3,45 % sur 20 ans en avril 2026, contre 3,25 % fin 2025.
Des variations encore limitées, qui, pour l’instant, n’entravent pas la réalisation des projets. Le nombre d’acheteurs actifs continue même de progresser sur PAP.fr (+ 3,2 % depuis janvier 2026), signe d’un marché qui reste solide.
En toile de fond, un point de comparaison s’impose. C’est la guerre en Ukraine qui avait déclenché le retour de l’inflation et la hausse brutale des taux, passés de 1 % à plus de 4 % en un an et demi. Un scénario de cette ampleur paraît aujourd’hui peu probable.
Un marché qui réagit… avec retard
L’immobilier n’est pas un marché instantané. Il fonctionne avec un temps d’inertie, parfois de plusieurs mois. Qu’il s’agisse d’une hausse ou d’une baisse des taux, les effets ne se voient jamais immédiatement.
👉Le premier signal apparaît toujours du côté des volumes. Quand les taux montent, certains acheteurs se retirent ou revoient leur budget : le nombre de ventes ralentit. À l’inverse, quand les taux baissent, la demande revient progressivement.
👉Ce n’est qu’ensuite que les prix s’ajustent. Face à un marché moins dynamique, les vendeurs finissent par adapter leurs prétentions pour conclure la vente. Là encore, le mouvement est progressif. Autrement dit, ce que l’on observe aujourd’hui ne reflète pas encore totalement les évolutions récentes des taux. Le véritable impact se dessine toujours avec un temps de décalage.
Guerre en Iran : les acheteurs ne cèdent pas à la panique
Selon uneenquête menée par PAPauprès de plus de 2 100 acheteurs fin mars 2026, 78 % d'entre eux déclarent que le conflit ne modifie en rien leur décision d'achat. Le volume d'acheteurs, lui, continue de progresser :+ 2,1 % depuis le début du conflit, par rapport à la même période en 2025. Ce que ces chiffres disent, c'est que les Français font la distinction entre l'actualité internationale et la réalité de leur projet de vie.
Ce qui pèse dans la décision d'acheter, c'est leniveau des taux, la situation professionnelle, les projets familiaux. Pas les cartes géopolitiques. Et tant que les taux restent maîtrisés (ou à peu près) les acheteurs seront en capacité de se projeter, donc le marché continuera sa reprise... Les prochains mois seront certainement décisifs quant à la pérennité de cette petite reprise. À vous Houston !
Données issues de l'Observatoire PAP - Avril 2026
Publié par Roman Rainfray le19 avril 2026
Chargé d'études chez PAP.fr